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Deux semaines déjà! Ma semaine au service de chirugie est déjà terminée. La semaine prochaine sera probablement consacrée à l'enquête dont j'ai déjà exliqué les grandes lignes dans un autre message. Demain, c'est jour de formation. On nous expliquera en détail notre tâche dans les villages avoisinant et notre itinéraire. Le weekend prochain, nous iron à Abhomey visiter les palais des rois et la ville souterraine à Bohicon. Ce sont mes amis Pegy et Mannix qui nous feront visiter. Ils ont une maison là-bas et nous résiderons chez eux. Ma dernière découverte culinaire: le piron, une pâte faite à base de farine de gari. On y ajoute des oignons et quelques épices pour le goût. A la suite de vos commentaires, j'ai décidé d'ajouter, à l'occasion, une "chronique" d'information sur le Bénin. Je sais qu'il y a une classe de 5e année de l'Ancienne-Lorette qui suit mon périple et aimeraient bien avoir quelques informations sur la vie des enfants béninois. C'est ce dont je traiterai aujourd'hui.
Informations sur le Bénin
J'ai eu, ce matin, une longue discussion avec mon amis Pegy sur le sujet. En fait, il y a ici 3 "classes" de vie familiale: les riches, les moyens et les pauvres. Les riches vivent très aisément. Grande maison avec ordinateur, play station, DVD domestiques qui font tous les repas, tâches ménagères et lavage. Ils préparent même les sacs d'école. Ces enfants ne sortent pas beaucoup de la maison. Ils ont souvent un instituteur privé (on les appelle ici des répétiteurs) afin de leur faire répéter leurs leçons à la maison. Ils vont aussi dans des écoles souvent très modernes ou l'on retrouve tout le matériel nécessaire à un apprentissage optimal. Les grandes écoles privées du pays sont réservées pour ces enfants. Le chauffeur vient les reconduire à l'école et vient les récupérer à la fin de la journée. Pas question pour eux de marcher. Ils ont un mode de vie similaire à celui des occidentaux. Vous devinerez qu'il s'agit d'une infime proportion de la population.
Certaines familles de la classe moyenne envoient leurs enfant au privé, d'autres au publique. C'est selon les moyens de la famille. Les enfants des classes moyenne et pauvre s'amusent beaucoup ensemble. Ils jouent à cache-cache, au ballon dans la rue (souvent le football (soccer)), n'ont pas de chauffeur (certains parents assurent leur transport vers l'école, les autrent marchent, parfois même plusieurs kilomètres). Certaines familles ont un domestique, mais ce n'est pas la majorité. Ils possédent aussi tout le matériel didactique nécessaire et certains d'entre-eux bénificient des services d'un répétiteur.
Chez les plus pauvres (en grande majorité), pas de domestique et encore moins de chauffeur. Quand les enfant vont à l'école, la plupart n'ont même pas de sac dans lequel ils peuvent transporter leur materiel. Ils transportent leurs cahiers dans leurs mains (c'est pourquoi ceux-ci sont donc souvent mal propre). Parce qu'ils en n'ont pas les moyens, certains n'ont même pas de cahier dans lequel prendre des notes. On leur fournit alors une ardoise et une craie pour faire leurs travaux. Pas le temps d'avoir un répétiteur, les plus vieux doivent se charger des plus jeunes, du lavage, du ménage, des repas pour toute la famille. C'est enfants ont parfois seulement 10 ans! Ils se lévent très tôt (parfois jusqu'à 5h00 du matin) et ne se mettent au lit que lorsque toutes les tâches ont été accomplies (il est parfois très très tard, voir 23h00 passé). Les enfants s'amusent souvent avec une roue qu'ils poussent avec un bâton (image clichée de l'enfant africain), ils font la cueillette avec les parents et chassent les rats de brousse. Pour chasser le rat de brousse, il faut être stratégique. On met le feu à la brousse et les enfants forment un cercle autour du feu. Tous sont munis d'un bâton. Les rats ayant peur du feu, tentent de quitter la brousse, mais les enfant sont là, bâton à la main, prêt à frapper. On mange ensuite ces rats qui, semble-t-il, sont délicieux au goût! Ils marchent parfois plusieurs kilomètres pour se rendre à l'école et leurs costumes sont souvent très sales, car plusieurs d'entre-eux aiment bien se chamailler à la sortie des classes. Ils se roulent alors dans le sable et la poussière. Ils sont souvent pied nus.
En Afrique, il y a une grande solidarité. Souvent, les plus vieux aideront les plus jeunes pour le retour à la maison, car certains enfants débutent l'école à 3 ans ici. Il n'est pas rare d'observer, sur la rue, un enfant de 10-12 ans aider trois ou quatre petis de 3-4 ans à traverser la rue.
Ici, peu importe le groupe social, les enfants vont à l'école de 8h00 à 12h00 et reprennent les cours de 15h00 à 18h00 environ. L'école est "obligatoire" et peut être accessible pour tous. Les écoles publiques sont gratuites (ça ne fait que quelques années seulement). Elles sont davantage réservées aux familles moins nantis. Cependant, tout comme chez nous, il y a des écoles privées ou les parents doivent payer pour envoyer leurs enfants. L'éducation y est souvent supérieure. Il y a une grande variabilité quant à la qualité de l'enseignement dans les écoles privées du pays. Au Bénin, tous les écoliers portent un costume; la couleur kaki est réservée aux écoles publiques tandis que les écoliers du privé peuvent se permettent d'avoir un peu plus de couleur.
Pour ce qui est de la religion, les enfants pratiquent le religion des parents. Ici, catholiques, musulmans et vodoo (surtout) sont les plus courantes. Certains enfants, souvent dans les villages, sont soumis à divers rites et pratiques religieuses non courantes chez nous. Ces rites sont souvent pratiqués dans un but de protection au cas ou on voudrait leur jeter un sort. Par exemple, lorsqu'il était jeune, mon ami Pegy s'est fait marquer les mains et la poitrine. Il en porte toujours les cicatrices.
Voilà! Ce n'était qu'un bref portrait de la vie des enfants du Bénin, mais j'espère que ces informations vous permettrons de mieux comprendre les réalités de ce magnifique pays d'Afrique.
Je récrirai prochainement,
Simon
vendredi 19 octobre 2007
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5 commentaires:
Très très intéressant, Simon! Continue à nous renseigner sur ton quotidien et sur les béninois. Je me rends compte, en te lisant, que les choses changent très lentement en Afrique. Dans les années '60-'70, mon oncle missionnaire en Afrique (Cameroun) nous rapportait exactement les mêmes faits sur la vie des jeunes camerounais, sur la différence des classes et sur l'école.
Merci et bonne journée!
Rock
Wow!Quel récit! Étant enseignante, je trouve ça super intéressant Simon. C'est là qu'on réalise que finalement, notre système scolaire n'est pas si pire que ça ici!!! Continue à nous envoyer tes super chroniques! Ici, rien de neuf. David travaille toujours aussi fort, et moi j'attends des appels de l'école, qui sont de plus en plus fréquents. J'ai aussi appris que j'aurai enfin, en novembre, mon entrevue qui me permettra d'avoir des contrats! À part cela, il commence à faire drôlement froid ici! Et voilà pour les petites nouvelles de Québec!
À bientôt!
Marie-Hélène xx
Merci Simon pour ce texte informatif! J'ai hâte de partager tout cela avec mes élèves lundi matin. Continue de nous faire part de toutes ces nouvelles connaissances. Prends-soin de toi!
Josée xxx
salut Simon
j'espère que tout ce passe à merveille pour toi. J'ai lu ton message d'aujourd'hui et j'ai été estomaqué de voir un tel équart de richesses chez les béninois. Je savais qu'il y avait une grande différence mais je n'avais pas constaté une tel équart quand nous en parlions. Merci de me tenir au courant et j'espère que ta santé se portera toujours aussi bien.
Pierrot
Salut Simon!
Tes amis de l'université pensent aussi à toi! C'est l'fun de pouvoir prendre des nouvelles de toi. J'espère que ton stage te réserve encore plein de belles surprises! Porte-toi bien surtout!
J'ai hâte de te revoir!
Ariane
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